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Ecosystème

Une interface terre mer complexe

Une baie nourricière à l’hydrologie particulière

La baie de l’Aiguillon, dont les apports en eau douce dépendent de la gestion hydraulique amont du Marais poitevin, reste un écosystème estuarien à très forte productivité. Toutefois cette dernière est liée notamment à l’apport de nutriments par la Sèvre Niortaise, le Lay et les différents chenaux. Elle va dépendre également des variations de salinité, en partie liées aux variations de débits des cours d’eau ;  débits en grande partie gouvernés par les activités agricoles du bassin versant. Enfin, à côté des éléments nutritifs, des éléments polluants sont susceptibles de nuire au fonctionnement écologique du système.

Barge rousse - Limosa lapponica (Didier Cantin)

Barge rousse – Limosa lapponica (Didier Cantin)

Ces écosystèmes complexes à l’interface entre la terre et la mer comptent parmi les milieux les plus productifs de la planète (plus qu’un champ de maïs ou qu’une prairie humide du Marais poitevin). Ils se caractérisent par une instabilité écologique liée à l’influence alternée de la mer et des fleuves au rythme des marées et des saisons. De plus, leurs valeurs limites pour la survie des organismes (turbidité, O2 dissous, t° mini-maxi…) font de ce fait, qu’un petit nombre d’espèces seulement peut s’accommoder de cette instabilité et vivre, pour des temps plus ou moins longs en estuaire. Elles présentent alors un énorme avantage adaptatif, car elles peuvent exploiter la production biologique intense de ces milieux. Une partie de cette production biologique est directement consommée sur place par les espèces résidentes ou de passage, mais l’essentiel de la matière organique se dégrade puis est exportée par les courants de marée vers les espaces côtiers adjacents qu’elle fertilise.

La baie de l’Aiguillon et de manière générale les zones de vasières et prés salés des pertuis sont donc susceptibles de jouer un rôle fondamental dans le fonctionnement écologique d’une zone beaucoup plus vaste, à l’échelle du golfe de Gascogne, notamment par rapport à l’équilibre des pêcheries côtières. Ainsi, 22 % de la production halieutique du golfe de Gascogne dépend des nourriceries des estuaires (Desaunay 2002).

Il est donc essentiel pour le gestionnaire de pouvoir évaluer l’ensemble de ces facteurs et leur évolution pour connaître les potentialités biologiques de l’estuaire.

 


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